Les saisies de fentanyl en hausse à la frontière
Les plus récentes données des services frontaliers américains montrent une hausse des saisies de fentanyl à la frontière entre le Canada et les États-Unis. Malgré tout, les quantités saisies ne se comparent pas à celles interceptées en provenance du Mexique. Dans les premiers mois de l’année 2024-2025, les douaniers américains ont rapporté des quantités infimes de drogue confisquées – souvent moins de 0,5 kilogramme. Ces chiffres ont toutefois bondi en avril (6 kg) et en mai (14 kg), ce qui signifie que davantage de fentanyl a été saisi en cinq mois que durant toute l’année 2023-2024. Entre octobre 2024 et mai dernier, les États-Unis ont saisi 26 kg de fentanyl, comparativement à 19,5 kg durant les 12 mois précédents. Au sud, à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, les autorités ont jusqu’ici saisi 3700 kg de fentanyl cette année – des doses suffisantes pour potentiellement tuer des centaines de milliers de personnes. Le fentanyl existe sous différentes formes (poudre ou comprimés) et en différentes couleurs. Photo : Gracieuseté : GRC Les services frontaliers américains n’ont pas répondu à la demande d’entrevue de CBC. Les données ne précisent pas où ni comment ces comprimés de fentanyl ont été confisqués. On ne sait pas non plus ce qui explique la hausse comptabilisée au cours des deux derniers mois, sinon qu’il y a eu sept saisies en avril et cinq en mai. En entrevue avec CBC, le commissaire à la lutte du Canada contre le fentanyl, Kevin Brosseau, s’est dit inquiet des habitudes de consommation des Américains. Un seul gramme saisi à la frontière est un gramme de trop, dit-il. Selon lui, maintenant que les yeux de l’administration américaine sont rivés sur la frontière avec le Mexique, il est possible que des groupes criminels se tournent vers le Canada pour continuer leurs affaires. Le responsable de la lutte contre le fentanyl, Kevin Brosseau (à droite). (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby Il faut leur barrer la route. Tout ce qui traverse du Canada vers le sud doit être stoppé. Malgré la hausse des saisies à la frontière, Kevin Brosseau est conforté par une récente étude du Manhattan Institute, un groupe de réflexion américain, qui montre que le Canada est loin d’être le principal fournisseur de fentanyl aux États-Unis. Selon cette étude, de 2013 à 2024, 99 % des comprimés de fentanyl et 97 % de la drogue sous forme de poudre saisie en grande quantité proviennent du Mexique. Le Canada est fréquemment la cible d'attaques du président américain, Donald Trump, qui estime que le fentanyl En entrevue avec CBC, Jonathan Caulkins, professeur à l’Université Carnegie Mellon de Pittsburgh et coauteur du rapport, soutient que Est-ce qu’il y a du fentanyl qui traverse la frontière entre le Canada et les États-Unis? Bien sûr. Partout dans le monde, de la drogue traverse la frontière entre deux pays voisins. La vraie question, c’est de savoir d’où provient la majorité [du fentanyl]. Elle ne vient pas du Canada. Selon lui, si les hausses des saisies à la frontière canado-américaine peuvent sembler impressionnantes, Il reste que le fentanyl est un problème d’un côté comme de l’autre de la frontière. Selon des données du gouvernement canadien, 52 000 personnes sont mortes après avoir consommé des drogues entre 2016 et 2024, et, dans 74 % de ces cas, le fentanyl était en cause. D'après un texte de John Paul Tasker, CBC News
Le Canada doit être
inhospitalier
pour les cartelsSi on met davantage de pression d’un côté, ils vont chercher quelque part d’autre où aller
, dit M. Brosseau à propos des cartels qui produisent et trafiquent ces drogues de synthèse.
On doit être inhospitaliers
, affirme-t-il, en promettant une approche agressive envers ces drogues et ceux qui les produisent. Le gouvernement Carney a récemment déposé un projet de loi qui pourrait lui donner les moyens de ses ambitions.Le problème vient beaucoup plus du Mexique que du Canada, et c’est une étude de plus qui le dit
, soutient Kevin Brosseau.Ça confirme ce qu’on dit depuis le début
, lance-t-il.Trump, le Canada et le fentanyl
se déverse
du pays vers les États-Unis. C’est d’ailleurs la raison qu’il a d’abord donnée pour justifier l’imposition de tarifs douaniers.les saisies à la frontière nord ne représentent qu’une petite partie
de ce qui entre aux États-Unis.c’est qu’on part d’un niveau extrêmement bas
.Tant pour le Canada que les États-Unis, le taux de mortalité est ahurissant. Je ne veux pas que l’on comprenne de mon propos que ce n’est pas un problème grave
, ajoute M. Caulkins.Mais les mouvements entre nos frontières ne sont pas centraux dans l’histoire. On souffre tous de ce problème, que ni l’un ni l’autre n’a causé.
Advertising by Adpathway









